Les producteurs de mil du Sénégal triplent leurs rendements grâce aux nouvelles technologies

Oumar Niasse avec différentes variétés de mil
Oumar Niasse avec différentes variétés de mil
USAID/PCE
L'assurance indicielle, une protection supplémentaire contre les pertes de récolte
«…Aujourd’hui, je réalise que je peux mieux valoriser mes terres, ce qui me donne le sentiment de mieux servir mon terroir, d’être plus utile à moi-même …».

Avril 2015 -  Le mil occupe une place de choix dans le secteur agricole à Paoskoto, dans le département de Nioro au Sénégal. Toutefois, les techniques culturales non-durables pratiquées jusqu’à récemment et la faible qualité des semences ont donné des rendements faibles de l’ordre de 500 à 600 kg/ha. 

Face à cette situation, l’USAID, à travers son Projet Croissance économique, a, lors de la campagne 2010-2011, aidé les producteurs de mil de Paoskoto à s’organiser en réseaux pour stimuler la production et mieux s’insérer dans les circuits marchands en amont comme en aval.       

Des facilitateurs ont été formés aux bonnes pratiques agricoles pour leur permettre de sillonner la zone  afin de propager des messages  techniques sur la qualité des semences, l’agriculture de conservation combinant travail du sol et fertilisation, le contrôle de la striga, les normes industrielles de qualité, etc.

En 2011, l’USAID a aidé un groupe de 50 producteurs de mil de deux villages à s’étendre pour former un réseau de 229 membres provenant de 10 villages appelé « Dekkal Mbeyoum Souna » ou « Revitaliser la culture du mil ». 

Très rapidement, des niveaux de productivité et de production jamais égalés ont été atteints. Selon Oumar Niasse, président de ce groupement d’intérêt économique, ils ont obtenu un rendement de 1,5 tonnes/ha en moyenne avec des pics de rendements de3,3 tonnes /ha pour la campagne 2013/2014.

Ainsi, le statut traditionnel du mil comme culture de subsistance par excellence a-t-il fondamentalement changé. Les producteurs affiliés au réseau déclarent être maintenant en mesure de couvrir leurs besoins pour toute l’année et de vendre des surplus. Les revenus supplémentaires qu’ils en tirent permettent aux ménages de prendre en charge d’autres dépenses non alimentaires.

«Nous ne sommes plus confrontés à des problèmes de soudure » a expliqué M. Niasse, « et avec les produits de la vente des excédents de récoltes, nous prenons en charge les frais médicaux de nos familles, payons les fournitures scolaires des enfants et achetons de l’engrais pour les prochaines campagnes. Par ailleurs, beaucoup d’entre nous se payent même le luxe de construire une maison ».

 « Aujourd’hui, je réalise que je peux mieux valoriser mes terres et les rentabiliser grâce aux techniques agricoles promues dans la zone par l’USAID. Ainsi, j’ai le sentiment de mieux servir mon terroir, d’être plus utile à moi-même et je pense que c’est ça l’essence du développement local ou du développement tout court ».

Malgré ces résultats satisfaisants, les membres du GIE Dekkal Mbeyoum Souna  ne sont pas à l’abri des aléas climatiques. En effet, l’instabilité de la pluviométrie expose les producteurs et les rend plus vulnérables.

Pour faire face aux risques et faciliter l’obtention de crédit auprès des institutions financières, l’USAID a collaboré avec une société  d’assurance agricole et une société d’intermédiation pour introduire un programme d’assurance indicielle. L’objectif de cette démarche est d’aider les producteurs à se prémunir contre d’éventuels déficits pluviométriques pouvant affecter négativement leurs moyens d’existence, d’autant plus que le mil constitue la base de leur régime alimentaire.

« Pour l’hivernage 2014, les membres du groupement ont souscrit sur fonds propres à une police d’assurance indicielle touchant la quasi-totalité de ses 229 membres avec leur accord, ce qui représente 271 ha sur les 276 emblavés ». Avec le démarrage tardif des pluies, le réseau s’attendait à une indemnisation de l’ordre de 30% de la valeur des récoltes assurées. « Nous pourrons rembourser nos crédits », a laissé entendre M. Niasse, « Ce qui est une condition requise pour l’élargissement et la pérennisation de l’expérience » !

Le Projet Croissance économique de l’USAID, pour la période allant d’avril 2009 à mai 2015,  a comme objectif d’augmenter la contribution du secteur agricole à la croissance économique au Sénégal par une approche inclusive axée sur le développement des chaînes de valeur et impulsée par le secteur privé. L’accent est mis sur l’amélioration de la productivité, l’agréage et le renforcement des capacités des organisations de petits  producteurs pour leur connexion aux marchés urbains. Lors de la campagne 2014-2015, plus de 2600 petits producteurs à travers les zones d’intervention des régions de Kaolack et de Kaffrine ont vendu 650 tonnes de mil de qualité.

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